Les Terres de Neïdrilh
Bonjour à toi, ô nouvel arrivant ! Tu viens d'arriver sur les Terres de Neïdrilh, un monde où se mêlent créatures fantastiques et terrifiantes, une certaine magie et des paysages fascinants... Ambiance conviviale et nouvelle intrigue lancée, n'hésitez pas à venir faire connaissance et à vous lancer dans cette aventure extraordinaire.
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De retour chez soi [PV Eärómbor]

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MessageSujet: De retour chez soi [PV Eärómbor] Mar 22 Jan - 21:09

Le Bourg Pourpre. Ancien campement de tentes aux toits écarlates, l'endroit où vivaient les anciens nomades était devenu un village, et les membres de la tribu s'étaient sédentarisés sur les bords du lac. L'oasis ne permettait pas d'immenses cultures, ni une expansion énorme du bourg, mais cela convenait à ce petit peuple d'humains à part de la monarchie. Ne dérangeant personne, on avait fini par les laisser tranquilles et à vivre leur vie. Le Roi ne s'en préoccupait plus vraiment et c'était une très bonne chose. Peu d pourpres quittaient l'oasis et peu d'autres personnes s'aventuraient dans la Plaine de la Misère et connaissaient l'emplacement, ou même l'existence, de la bourgade. Les mélanges se faisaient donc assez rarement et vivre loin de tout ne dérangeait pas les pourpres, bien au contraire. Ils n'avaient comme ennemis que les loups de cette plaine qui s'en prenaient assez fréquemment à leurs troupeaux. Le reste du monde les ignorait.

A peine entré dans le village, Elnaz fut assailli de cris de joie, de femmes de tout âges ravies de le revoir. Le jeune homme se fit enlacer, embrasser, tirer dans tous les sens, accueilli par les rires des dames et des enfants qui se souvenaient de lui. Des hommes enveloppés de frusques colorées, le visage aussi basané que celui d'Elnaz, tapotèrent le dos ou l'épaule du revenant et le saluèrent avec un bonheur non contenu. Le cœur du jeune pourpre se gonfla de joie et il crut que même le soleil au-dessus de lui s'intensifia. Les parfums délicieux de la cuisine de l'oasis, les teintes chatoyantes des décorations sur les maisons, ces plantes fleuries un peu partout, ces musiques qu'on entendait nulle part ailleurs, cette ébauche de perfection et de bonheur à l'état pur aurait pu le faire pleurer d'émotion sur le coup. Il en oublia un instant Eärómbor. Ce fut une vieille femme qui lui rappela sa présence en lui demandant qui était l'homme qui l'accompagnait. « Un ami, Sybille, juste un ami. Je lui ai proposé de venir avec moi. » La doyenne inspecta l'étranger d'un œil soupçonneux mais ne dit rien de plus. Elle se retira, avec un petit geste amical de la main pour Elnaz.

Le voyageur au visage hâlé fit signe à Eärómbor de le suivre, lui intima que sa maison se trouvait au bout de l'allée principale, en haut des premiers escaliers. Ils n'auraient mis que cinq minutes à y arriver si autant de gens ne l'avaient pas stopper pour lui dire bonjour et lui demander moult nouvelles sur ces aventures. Elnaz dut prétexter une grande fatigue et promettre d'être présent à la fête de ce soir pour tout leur raconter ; car, oui, il savait qu'il y aurait une fête. En son honneur, pour son retour. Il y avait toujours des fêtes pour des raisons diverses qui animaient le Bourg Pourpre et Elnaz se dit que toutes les autres façons de fêter sur Thanyaliel ne valaient pas celles qu'on organisaient chez lui. Il imagina aisément le grand feu de joie, près du lac, sur la plage, et tout le monde, au moins cinq cent personnes, présentes pour manger, boire, danser et chanter jusqu'à une heure très tardive. Elnaz avait hâte d'entendre les chansons de son peuple, qui lui avaient tellement manqué...

Une fois sur le seuil de sa maison, il écarta un simple drap bleu roi en guise de porte et laissa Eärómbor entrer avant lui. A l'intérieur, l'ameublement était très sobre, de couleur ocre à blanc, plus quelques couleurs plus vives dans un camaïeu de bleu et de rouge par petites touches chaleureuses. Il indiqua un amas de coussins qui faisaient office de siège immense, placés autour d'une table basse ronde où était placée un narguilé, et invita l'invité à s'asseoir comme il le sentait. Lui-même se débarrassa de ses vêtements, prit ceux de l'autre homme et accrocha le tout au mur, à des crochets en os. Il se posa confortablement sur les énormes coussins et s'étira, un sourire déchirant tout son visage.

« Que ça fait du bien de rentrer... » dit-il, plus pour lui-même qu'à l'adresse d'autrui. Il se redressa sur un coude, à moitié couché, et demanda : « Aurais-tu faim ? »
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MessageSujet: Re: De retour chez soi [PV Eärómbor] Jeu 24 Jan - 14:47

Arrivant aux portes de la ville, le Semi-Elfe constata bien vite que son potentiel guide était une célébrité locale. Entre les cris de liesse et les soupirs élogieux, il fut embrassé, choyé et cinglé de cordiales bourrades. Ce baroud d'honneur plongea le Dynaste d'Hûltuam dans une intensive réfléxion, une pensée pour son Havre, celui des pieds d'Hoölost ... Où les Chasseresses avaient une fois dans leur vie, cédé un sourire à un bâtard. Il en revint ensuite, au basané, cet homme secourable dissimulait encore des arcanes. Derrière ses élans secourables et hospitaliers, il sembla escamoter bon nombre de cartes. C'était sans nul doute la raison pour laquelle le maraudeur le suivait, spontanément. Aussi parce qu'il y avait pitance au bout du chemin .... Ne l'omettons pas. Sans parler d'une couche agréable, après trois nuits de hantise sur les sables de la misère. Trois longs crépuscule où le sang-mêlé n'avait dormi que d'un oeil, où les spectres de son subconscient avaient bercé ses nuits de sommeils non récupérateurs. De chimères creuses, noires, terrées dans les méandres de son esprit, arrachée à sa mémoire.

Suivant de près le Pourpre, Eärómbor avait pris soin d'observer les badauds qui constituaient cette grande caste. Il y souligna une connection singulière, un lien qui n'existait pas ou plus dans les grandes Cités. Cette communauté n'avait pas fini de le surprendre à dire vrai ... Il nota en premier lieu, la méfiance que ces baladins semblaient nourrir à l'égard des étrangers, on le lorgna comme si il s'agissait d'une bête curieuse ou d'un mâtin errant, probablement galeux. Aucun élément de ce corps ne semblait dissociable, il n'y avait pas de parias chez ces bonnes gens, juste des frères de sang ou de coeur. Cela fut suffisant pour enhardir l'Epéiste, qui répondit au scepticisme des natifs par de simple fléchissements de nuque. Il se fit humble, car il n'était qu'un visiteur et de surcroit un rescapé, il se jura bien d'ailleurs, de se le rappeler éternellement.
Il eut le soutient encourageant d'Elnaz, qui se porta garant de lui, pourrait-il seulement en vouloir à ces plébéiens ? Il faisait lui même bonne garde, sans le laisser transparaître, respect oblige. Il avait abandonné sa posture défensive, c'était un fait, sa main gantée de bistre et d'or longeait son flanc. Il se montra simplement éveillé et attentif.
Sur les encouragements du Nomade, il traversa la dernière allée en sa compagnie, avant d'entrer à sa suite, dans l'intimité de son refuge. Cloué au pas de la tenture, il lorgna la pièce, silencieux, avant de se tourner vers le Pourpre, qui prenait déjà ses aises. -

" Agréable demeure .... " - Lâcha-t-il très sobrement.- " En vérité je suis affamé, sans vouloir abuser de votre générosité .... "

Il finit donc par singer le 'châtelain', qui bon prince, lui laissa libre champ pour s'aménager une bonne paillasse. Saisissant un amas de coussins finement parés et généreusement rembourrés, l'homme forma un petit monceau avant d'y poser son séant. Il déboucla ensuite le baudrier qui liait sa lame et son ceinturon, l'arme était toujours rangée en écrin. Posant la tranchante alliée à ses abords, il ferma les yeux, quelques secondes. Quelques secondes suffisantes pour récupérer, se remettre de sa traversée. Il en revint ensuite à son compagnon du moment.

" Une question me taraude Elnaz. Pourquoi avoir décidé de me tirer de là bas ? "

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MessageSujet: Re: De retour chez soi [PV Eärómbor] Lun 11 Mar - 23:20

Avec une franchise qui plut au nomade, le rescapé de la Plaine de la Misère avoua avoir faim, chose qu'Elnaz avait su décrypté sur ses traits pâles, la faiblesse et la lenteur de ses mouvements, la façon qu'il avait de regarder et de découvrir le village et ses bonnes gens, une façon très vive mais tout en de mollesse aussi. L'eau n'avait qu'à peine revigoré cet homme fort qui devait certainement apprécier la bonne viande, sauf que les Pourpres n'étaient pas les plus carnivores de tout Thanialyel... A défaut que ses placards puissent contenir ce genre de mets, il sortit des fruits regorgeant de vitamines et proposa un plateau de bronze qui débordait de plusieurs d'entre eux. Exceptées la pomme et une grappe de raisins noirs, ils étaient tous de l'oasis et de leurs vergers, et ne devaient pas être connus du voyageur, puisqu'il semblait voir le bourg pour la première fois. Une banane, deux kiwis et deux kakis se disputaient la place sur le plateau offert déposé sur la table basse, aux côtés de la narguilé. Elnaz repartit et revint avec une planche en bois couverte d'un pain rond aux graines de sésame, une coupe de noisettes et un pot de miel, translucide et doré, comme du soleil sous forme liquide ou de l'or sucré et savoureux... En guise de boisson, il proposa une carafe de lait de chèvre, froid mais toujours aussi crémeux et riche.

« Je peux vous faire du thé, si vous voulez. Ou vous apportez un peu d'alcool de miel s'il m'en reste ; c'est la spécialité de la région, notre fierté gustative. » proposa le Pourpre, un sourire ravi sur les lèvres.

En guise d'invitation à se servir, Elnaz entreprit de tartiner un morceau de pain avec du miel, qui coula légèrement sur la table en fine gouttelettes d'or. Croquant dans la mie ainsi sucrée et faisant croquer le sésame entre ses molaires, il faillit ne pas entendre la question de son invité imprévu. Il manqua d'avaler de travers, trop empressé de répondre à de telles sottises. Il toussota, évita de peu l'étranglement avec la croûte du pain, et avala enfin avec difficulté tout en tapant du poing entre ses clavicules.

« Vous aurez trouvé ça plus normal de vous laisser là, au seuil de la mort ? J'suis pas comme ça, moi. Je suis pour la vie. Enfin... La mort que s'il le faut vraiment. Dans votre cas, je ne pouvais ne pas réagir même si, je vous l'avoue, j'ai quelque peu hésité. Il y a toujours le risque de mal tomber. Vous pourriez être un brigand, un assassin en fuite, que sais-je... » Il lança un drôle de regard à Éärombor. « Est-ce le cas ? »

Question idiote. Si la réponse honnête était affirmative, elle sortirait de la bouche de son interlocuteur par la négative. Toutefois, Elnaz ne se sentait pas menacé ; s'il était tué, tout le monde ici saurait qui était le meurtrier et ses amis les plus proches pourchasseraient le criminel pour lui rendre la pareille. En toute logique, l'homme en face de lui devait se douter que cela se déroulerait ainsi à quelques détails près. Pour ce qui était de voler sa demeure, il n'y avait rien de valeur. L'or, l'argent, les diamants et autres pierres précieuses n'avaient pas leur place au Bourg Pourpre. Ce n'était pas un village qui se complaisait dans ce genre d'opulence et le luxe était un mot tout simplement jamais utilisé chez eux. Elnaz était un peu le mouton noir, à courir après la fortune comme il le faisait sur les routes, et à chercher à s'enrichir comme un prince crapuleux. Sauf que cela, il le gardait pour lui, personne ne savait la véritable raison de son si long voyage... Et personne n'en saurait jamais rien. Pour l'instant.
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MessageSujet: Re: De retour chez soi [PV Eärómbor] Ven 15 Mar - 5:36

- Intrigué par l'apport du Nomade, le Bretteur plissa les yeux un instant. Légèrement dubitatif, il consulta l'assortiment de fruits, comme si on venait de lui soumettre une énigme. Il opta pour la banane, consultant tout de même le bon bougre qui lui faisait face, c'était la seule visiblement. Sur acquisition, il éplucha donc le fruit, assez instinctivement, il en connaissait le nom et l'apparence, mais pour le goût ... Il prit une bouchée de ce croissant sucré, exposant un hochement de tête approbateur. Pas dégoutantes ces petites ressources de l'Oasis. Il mâcha un bon moment, l'air encore hagard, fasciné de toute évidence par une tenture qui n'avait pourtant rien de bien extraordinaire. Même la force de déglutir sembla lui coûter énormément d'énergie. Soupirant longuement, profitant de l'ombre et de la disposition des lieux, peu ajourés, il écouta les nouvelles propositions du Pourpre. Boire le thé ? Pourquoi pas. Aux dires des voyageurs aguerris, les boissons chaudes étaient bien plus appréciables et désaltérantes sous ce climat. Les joues bien gonflées, mastiquant sa pitance, il ne se prêta pas à une tentative de réponse, il hocha simplement la tête. Une fois débarrassé de sa délicieuse entrave, il remercia l'arpenteur du désert pour sa prévenance.

La réaction du nomade à sa question, parvint à lui extirper un maigre sourire. Difficile de savoir si il était amusé par son regard ahuri ou par sa péripétie gustative. Oui c'est vrai que cette interrogation pouvait sembler, à bien des égards, complètement saugrenue. Pour un gars du crû en tous cas. Le Demi-elfe en avait vu d'autres, des gens à l'agonie. Crevant sur le bords des routes d'Atarnelis, esquivés par les passants comme d'incommodants détritus encombrants le dallage. Certains avaient sans doute mérité leur sort, mais le croisé s'était attelé à les aider, quand il le pouvait bien entendu. Cela consistait bien souvent, de toute façon, à les placer sous les soins de gens qualifiés. La réponse du basané était intéressante et révélatrice, il avait envisagé le pire mais avait tout de même pris la décision de le sortir de là. Puisqu'ils étaient lancés dans l'inquisition, alimentant principalement la sottise, le baladin des sables en sorti une bonne lui aussi. Il lui demanda si il n'était pas un gredin ou un oiseau de plus mauvais augure encore :

" Quelque soit la vérité, je pense que vous l'aurez deviné, la réponse restera 'Non'. Si cela peu vous rassurer cependant, je ne suis pas hors-la-loi, je gagne ma vie en prêtant mes talents de bretteur ... Ou en participant à quelques tournois. C'est pour cette raison que je me rends à Xerber, j'ai un contrat à honorer pour la ville d'Ixbët. Ne vous faites pas d'idées, même si la mort est au bout du chemin, je défie mes ennemis au duel du juste, je ne plante pas de dague dans le dos. "

- Bien évidemment, Eärómbor ne comptait pas sur 'le sens indéfectible de l'honneur', des elfes des profondeurs. Mais il savait établir des règles, conclure des pactes. Mais au dessus de tout, trouver les ennemis de ses ennemis. Cela s'avérait fort utile, que ce soit l'avidité, l'ambition ou tout simplement la haine, il y avait toujours quelqu'un à contenter de toute façon. Sous bien des aspects cela faisait de lui un "tueur", mais il se voyait plutôt comme un exécuteur des basses oeuvres de la justice. Relevant le menton, il retourna donc une question à l'hospitalier humain :

" Et vous Elnaz, que faites vous ? Vous avez l'air de tenir une bonne place dans cette communauté. "
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MessageSujet: Re: De retour chez soi [PV Eärómbor] Ven 15 Mar - 22:07

Le bougre semblait bien décidé à se retrouver à la Cité Noire des elfes d'ébène... Quelle mouche l'eut piqué pour qu'il prenne une telle décision ? Qu'avait-il à gagner de si important qui rivalisait avec sa propre vie en cas d'échec ? Profondément curieux d'en savoir plus, Elnaz cessa de mâchouiller son propre fruit pour dire vivement, les sourcils légèrement froncés, les yeux rivés dans ceux de son interlocuteur :

« Bretteur, vous dites ? J'ai quand même du mal à imaginer une raison valable pour courtiser la mort d'aussi près... Allez, avouez... Votre belle y est retenue prisonnière ? Ou on vous a promis une très très... très grosse somme d'argent ? »

Il fit une petite moue qui se voulait complice. Elnaz n'était pas du tout un mauvais gars, ni un simple d'esprit, mais il ne se compliquait pas la vie. Pour lui, il était clair et net qu'il ne pouvait y avoir d'autres raisons que celles-ci pour aller titiller la mort à Xerber. Seul l'argent, et peut-être une fille un peu mieux que les autres, auraient pu l'amener à tenter les Enfers comme comptait faire cet énergumène venu de nulle part pour se diriger dans les entrailles de Thanyaliel. Donc, il était tout à fait normal à ses yeux qu'Eärómbor suivait ce même schéma masculin. Le Pourpre finit son fruit et prit une poignée de noisettes qu'il fourra en bouche. Il se leva et alla faire le thé que le rescapé avait accepté, mais ne reparla pas de l'alcool de miel qui ne semblait pas avoir attirer son attention. Ce fut avisé car, dans le fond, après le désert, ce n'était pas très conseillé de s'enivrer tout de suite. Il lui faudrait se reposer, chose à laquelle Elnaz avait déjà pensé et qu'il envisageait. Tout en croquant les noisettes de façon peu discrète, il fit bouillir de l'eau dans un poêlon et plaça le récipient au-dessus d'un petit feu préalablement allumé à l'aide d'un briquet à silex. Patiemment, il attendit à côté du petit feu placé en hauteur, attrapant au-dessus de lui sur une étagère un bocal où des feuilles séchées de thé sombre et des fleurs rouges déshydratées se trouvaient mélangées. Il secoua un peu le tout en y jetant un œil scrutateur, histoire de vérifier la quantité et eut l'air de se dire qu'il devrait bientôt se refaire une réserve.

A la question donnée en retour de son invité, Elnaz le regarda d'abord longuement, gardant le silence un temps qui devait paraître long. Le garçon du désert se demandait tout simplement que répondre, sans tomber dans le mensonge ou la prétention. Il n'avait pas besoin de se faire bien voir avec un homme étranger, il ne jouait au coq qu'en présence de la gente féminine - et seulement si elle était jolie. Il poussa un soupir, enchaînant sur un sourire énigmatique et se retourna pour prendre le poêlon où l'eau frémissait déjà. Il fit couler l'eau dans une théière en fer joliment décorée où il avait déjà laissé tomber quelques décigrammes de son mélange personnel. Portant le carafe brûlante et fumante jusqu'à la table basse, il la déposa, deux tasses jointes en émail, et se rassit lourdement, las de son propre voyage. Il haussa les épaules.

« On pourrait me décrire comme homme à tout faire. Tant que l'argent en découle, je ferais à peu près tout ce qu'on m'offre... Je vends sur les routes certaines... choses... Que j'ai trouvé, ou acheté. » Son regard se fit fuyant et il s'enhardit à servir le thé. « J'ai une formation de forgeron qui sert assez bien. Je vends ce que je conçois aussi. Après, il m'est arrivé de servir comme mercenaire. Le reste du temps, je voyage au gré de mes envies. Je ne suis pas bien difficile, tant que je mange à ma faim, que j'ai à boire, et que je puisse faire des rencontres enrichissantes de temps à autre. »

Son thé servi, il prit sa propre tasse et but, s'ébouillantant un peu la langue sans pour autant avoir l'air de s'en rendre compte. Il se perdit dans ses pensées, l’œil vague. La fatigue se fit bien plus sentir maintenant qu'il était chez lui, confortablement installé, dans la chaleur de son oasis natale et son thé fumant à l'odeur si familière et rassurante. Il était chez lui et rien que d'y penser détendait ses muscles et rendait son esprit plus léger, comme vaporeux, prêt à s'échapper et à l'abandonner aux songes. Il dut se forcer à revenir à la réalité, tandis que ses paupières se firent lourdes et peinèrent à rester ouvertes. Elnaz afficha une mine pourtant ravie. Il but encore. A ce moment-là, une voix féminine prononça son nom de l'autre côté du rideau servant de porte. Reconnaissant le timbre de sa sœur, il l'invita à entrer. Une jeune femme au visage doré par le soleil, une longue cascade de cheveux noirs ondulés chutant entre ses omoplates, pénétra dans l'humble et proprette masure. Elle eut un sourire timide pour Eärómbor en guide de salut et s'adressa aussitôt à son frère aîné.

« Mère voulait te dire qu'une fête est organisée en ton honneur, ce soir. Rien de bien extraordinaire, tu sais bien... Le feu se fera au bord du lac, près de la ruine. Toute la famille sera présente, et tes amis... Bref, repose-toi pour ce soir, et ton... ami peut venir aussi, bien entendu, s'il le souhaite. »

Sur ces mots, elle s'enfuit. C'était tout comme, en tout cas. Elnaz soupira d'aise et s'avachit de plus belle dans les énormes coussins.

« Ah, la famille... On part un an et, à notre retour, on est reçu comme un roi... »

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MessageSujet: Re: De retour chez soi [PV Eärómbor] Ven 5 Avr - 11:20

- Comme si il ne pouvait s'en empêcher, le calve revint à la charge avec une série de questions. Il était bien curieux ce Nomade, mais cela ne sembla pas courroucer l'Epéiste, il se contenta de hausser les épaules sans se déparer d'un sourire amusé. Que pouvait-il bien lui répondre ? Courir à sa perte pour une promise, était louable mais profondément stupide sur le plan circonstanciel. S'y rendre pour l'argent, faisait bien partie de ses aspirations mais, il n'y avait pas que cela. Il y avait aussi l'appel du Défi, une nouvelle victoire était peut-être au bout de cette quête. D'autant plus que Menzherror, sa cible, était un combattant réputé. -

" Pour sauver la vie d'un autre paillart à dire vrai. Pour l'honneur aussi ... Sans compter une rondelette somme de piécettes. "

- Face à la moue du Baladin des sables, le Croisé eut un petit rictus avant de plonger ses doigts dans la jatte de noisettes. Il en croqua une d'un air songeur alors que son comparse s'affairait à s'occuper des breuvages. Il accusa ce regard évaluateur, doublé d'une sorte d'hésitation. Ce qu'il prit pour une forme de honte ... Pas nécessairement pour occulter un terrible secret, il ne voyait pas ce garçon jouer les sicaires, mais il sentait bien qu'il y avait anguille sous roche. C'est après un bon ... Long, moment, que la réponse fusa.
"Trouvés ou achetés". Amusante dérobade ... Peu importe, le Bretteur n'était pas là pour poser de jugement, il ne les adresserait sûrement pas au gaillard qui venait de lui sauver la vie. Il accorda un hochement de tête peu convaincu et convaincant à son interlocuteur, sans piper un mot de plus. A nouveau il mâchouilla son fruit en lorgnant cette magnifique onde ambrée, la simple odeur du thé était délassante. Il sembla que ce breuvage était plus épicé, plus chargé au fumet que dans nulle autre royaume. Décidément, la tribu Pourpre avait à en apprendre.
L'intervention d'une jeune femme vint cependant détendre l'atmosphère, il subsistait tout de même une certaine forme de tension en ces lieux. Une "très" agréable hôte d'ailleurs. Le Demi-elfe lui rendit son sourire alors qu'elle s'adressait à Elnaz, il n'écouta pas un mot de leur conversation puisqu'il semblait affairé à la lorgner. Soufflant sur l'onde fumante de son infusion, il sembla s'évader un moment, se perdre dans ses pensées. Il n'entendit que la fin de l'annonce pour le coup et se contenta d'acquiescer, remerciant la jeune femme comme il se devait. -

" Eh bien, si cette fête est en votre honneur, je ne vois pas de raison de la refuser. Je vous dois bien ça après tout. Qui était cette ravissante typesse ? "

- Oui, il se demandait déjà ce que donnerait cette soirée. Peut-être quelques danseuses exotiques, de l'alcool coulant à flot et quelques "épices" du cru, allez savoir. Mais si il devait se rendre dans les gueules obscures de Xerber, autant profiter d'une veillée animée comme si ce fut la dernière. -
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MessageSujet: Re: De retour chez soi [PV Eärómbor] Jeu 11 Avr - 17:46

Elnaz avait gardé son regard vitreux vers la porte, là où sa sœur avait disparu aussi vite qu'elle était apparu. Le gars en face de lui n'était donc pas si différent que ça de lui ; il en avait aussi, d'une part, après l'argent. A cela, le Pourpre eut un sourire dans le vide, sans regarder l'autre homme pour autant ; à lui d'y reconnaître le sentiment complice qui nourrissait ce visage. Il ne comprit pas très bien comment on pouvait, par contre, se soucier de l'honneur, une chose que lui évitait sans même le faire exprès. Argent et gloire, peut-être, mais l'honneur... Très peu pour lui. Aux frontières d'un sommeil lourd, c'est donc la voix pâteuse, sa main tenant mollement la tasse brûlante, qu'il répondit un bref « Mh ? » avant de réellement réfléchir à la question que l'étranger venait de lui poser. Il se serait bien endormi, là, tout de suite. Le moelleux des coussins lui procurait un plaisir sans nom, et il s'était mis à penser avec une lenteur exaspérante, même pour lui-même, à la dernière fois qu'il avait goûter à un tel confort... Il ouvrit de grands yeux, sans se préoccuper de ce que penserait son invité, absorbé par ses propres constatations au sujet du temps passé à dormir à la belle étoile. Bigre, ce qu'il avait voyagé ! Ce n'était qu'à présent, bien installé et revenu chez lui, qu'il s'en rendait compte. Il bâilla à s'en décrocher la mâchoire et offrit un regard aux paupières lourdes, un sourire mielleux sur les lèvres et un ton bienheureux à Eärombòr :

« Yolandi, ma sœur. Enfin, une de mes sœurs, la deuxième sur les trois. Je suis le seul gars que ma mère a eu, voyez-vous. Le petit mouton noir du troupeau. Elles, ce sont toutes des perles de douceur, de gentillesse, de bonté, et la petite n'a que quatorze ans et a encore toute son innocence... »

Il s'étira, bâillant encore, ressemblant fortement à un grand félin paresseux détendant ses muscles engourdis jusqu'au bout des pattes. Il se serait bien enfoui sous les gros coussins pour s'y pelotonner mais ne pensait pas que ce serait courtois de faire disposer le rescapé aussi vite. De toute manière, ils n'avaient pas encore fini de manger, ni l'un, ni l'autre. Elnaz but à nouveau une longue gorgée de son thé bien moins brûlant, dont les épices familières au nomade l'émoustillèrent. Réglisse, anis, pissenlit et gingembre enveloppèrent les sens des deux hommes, faisant vibrer leur odorat et créant une brèche dans leur cerveau où s'engouffrèrent les saveurs entêtantes. Elnaz en eut un léger frisson et déclara, ravi : « Délicieux n'est-ce pas ? » avant de reprendre une énième gorgée qu'il laissa se répandre un peu dans sa bouche et sur sa langue avide avant d'avaler enfin.

« Si vous voulez prendre du repos avant la veillée, je peux vous indiquer la chambre d'amis. Enfin... C'est un petit débarras, mais avec plein de coussins au sol, vous serez bien. Je pense que ça vous changera des nuits à la belle étoile, à vous aussi. »

Il sourit de plus belle, loin d'avoir l'air hostile. Il y a un temps pour la bagarre, et un temps pour l'amitié. Ce jour était propice aux bons sentiments.


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