Les Terres de Neïdrilh
Bonjour à toi, ô nouvel arrivant ! Tu viens d'arriver sur les Terres de Neïdrilh, un monde où se mêlent créatures fantastiques et terrifiantes, une certaine magie et des paysages fascinants... Ambiance conviviale et nouvelle intrigue lancée, n'hésitez pas à venir faire connaissance et à vous lancer dans cette aventure extraordinaire.
Bienvenue et bon jeu parmi nous !



 

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Deux cultures.

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MessageSujet: Deux cultures. Lun 5 Nov - 8:52



Est-ce trop habitué à guetter le crissement de la neige sous des pas menaçants dans ses îles qu'il se fit surprendre ? Peut-être que de minuscule indices tel les brindilles lui hurlant qu'on approchait lorsqu'elles étaient brisées ou les ululements d'oiseaux qui n'en étaient pas auraient ils du l’avertir ? Tout ces nouveaux sons qu'il ne connaissait pas lui rappeler sans cesse qu'il était loin de chez lui et il lui manquait de pouvoir serrer entre ses doigts une poignée de neige en sentant le vent froid sur sa peau... Le mal du pays lui tenaillait le cœur.

C'est donc bien surpris qu'il fut lorsqu'il vu deux hommes qui l'attendaient sur la route loin devant. Dès l'instant où ils captèrent son attention, Arl sentit la présence de leurs compagnons, dissimulés parmi les rochers les entourant. La plaine qui jusqu'à présent lui avait offert l'horizon c'était obstruée de monticules de rocaille faisant serpenter le chemin qu'il suivait entre eux. Arrivé à cinq bons mètres des deux hommes, il s'arrêta laissant le temps aux autres de surgirent de leur planque, des cailloux ricochant sous leur gestes brusques.

Voilà près d'une semaine qu'il avait quitté les pêcheurs qui l'avaient sauvé. Des hommes simples mais loyaux qu'Arl avait pris en estime. Ces derniers lui avaient tant bien que mal conseillé à travers des gestes et des mots simples, que peut être en se dirigeant vers la ville au nord de leur village, un grand pôle d'échange, il trouverait une solution pour rentrer chez lui. Le Sverd en doutait, mais faute d'avoir d'autre piste, il avait suivi celle-ci. Et on l'avait prévenu des raids de brigands qui sévissaient dans la région...

Une dizaine d'hommes l'entouraient. A en juger l'aspect miteux de leurs frusques sales, leur tignasse que la vermine semblait infester et leur mines fatiguées, les affaires ne devaient pas être florissante. Mais tous étaient armés de ces armes grises. Par chez lui, la seul matière comparable était l'or qui remontait à la surfaces lorsque les montagnes vomissaient leurs flammes. Cette matière jaune et malléable dont les éclats au soleil fascinaient les enfants. Ce "métal" était trop mou pour être efficace et trancher la chaire du début à la fin d'une bataille. La pierre de feu était bien plus efficace, et moins lourde. Oui mais ce métal gris, là, était bien plus dur que son compère jaune. Les pécheurs lui avaient offert un couteau de cette facture et il avait vite apprécié son fil acéré. Et au fond, il se demandait comment se comporterait Stein face aux chocs des parades à venir.

Un homme face à lui avança. Les joues mangeaient par une barbe de quelques jours, ses cheveux dernièrement coupés de ces derniers jours lui donnaient un air de bouffon. Il tendit une main vers sa victime, paume vers le ciel d'une geste impatient alors qu'il débitait un flot de paroles incompréhensibles pour Arl, mais ce devait être drôle car la troupe autours de lu ricana. Il sourit aussi. Bien qu'il n’ait compris un traître mot du charabia de son interlocuteur sinon leur terme pour désigner l'or, le barbare ne pouvait se méprendre sur leur but. Probable qu'au village qu'il avait traversé, ils l'aient vu sortir de l'or de la bourse bien ronde à sa ceinture.

Il avait dû se procurer un sac et diverses affaires tel qu'un briquet pour le feu, une couverture et un arc pour chasser. Car ces terres, nouvelles pour lui, abondaient de gibier en comparaison de ses terres désolées par le froid la majorité de l'année. Avec diverses autres choses, il avait tout fourré dans le sac, enroulé l'arc dans la couverture et payé d'une belle pépite. Sur l'instant il ne pensa à l'étrangeté de son geste...
Sous son sourire, le pillard se rembrunit et sa main instante se tourna vers la garde de son épée. Le bref instant qu'il lui fallut pour sortir sa lame au clair, Arl avait laissé tomber son sac à ses pieds et d'un geste tant de fois répété, débouclé Stein pour se mettre en garde l'épée tenue à deux main la pointe vers le ciel. Le masque du Sverd, ne laissant transparaître aucune émotion alors que son regard gris fixé l'homme avait remplacé son sourire. Il ne permettrait pas qu'on se dresse entre lui et le retour vers son clan.

Dans les yeux de l'homme qui avait tiré son épée au clair, imité par ses compagnons, une brève hésitation passa. Pourquoi ? Ce rouquin était seul, eux étaient une dizaine et n'étaient pas des tendres ! Une seconde d'hésitation de trop ! Arl chargea ! Habitué à verser le premier sang, il n'avait pas le temps d'attendre qu'ils se décident à élaborer une stratégie pour le cerner. Il devait les soumettre à ses règles. La lame fendant le ciel alors quand d'une enjambé le barbare dévora la distance qui les séparait, le brigand leva son épée en travers pour parer les deux mains serrées sur la garde. L'action dura moins d'une seconde. Les poignées résistèrent à peine avant de se briser dans un sinistre craquement sous la violence du coup et l'épée éclata alors qu'elle subissait le poids de Stein accompagné de la force démentielle d'Arl. Sans perdre de sa vitesse, la lame continua fendant en deux le crane dans une explosion de bouts d'os et de cervelle mêlés aux cheveux et descendit dans son poitrail débité en deux. Le corps sans vie s'effondra dans la poussière du chemin répandant déjà une flaque de sang. Arl maintint son épée droite, elle avait versé le premier sang.

Les autres bandits hésitèrent un instant se concertant du regard. Ça n'était pas prévu. Un d'eux entrepris d'encocher une flèche à son arc. Il fut immédiatement pris pour cible par Arl qui entra dans une danse macabre. Éventrant l'homme de la pointe de son épée il bondit avec les léopards des neiges de chez lui sur son compère le plus proche. Les brigands ne tentèrent aucune riposte trop soucieux de se défendre, les échanges n'allèrent jamais au-delà de deux mouvements. Arl hurlait de rage alors que le sang aspergeait son visage et son torse nu. Ces longs mois en mers et la durée de sa convalescence avait fait grandir au fond de lui une frustration d'impuissance qu'il se plaisait à combler avec ces ridicules pantins. Nul ne se mettrait sur sa route !

Le combat dura peu et avant qu'il ne les eut tous tué, deux s'enfuirent, sauvant leur vie. Arl ne les prit pas en chasse louant leur bon sens. Baisant enfin sa lame laissant la pointe traîner dans la boue sanglante, il respira profondément le temps de se calmer, de reprendre le contrôle. Comment allait-il bien pouvoir rentrer chez lui. Il ignorait quel chemin il avait pris durant les semaines et doutait d'avoir envie d'errer à nouveau sans être sûr de venir au bout de sa quête. Parcourant du regard le carnage qu'il avait semé il soupira, essuyant Stein sur les vêtements d'un cadavre il la remit dans son dos. Puis fouillant les corps, il récolta une vingtaine de pièces qu'il ferait mieux d'utiliser à la place de son or. Ne trouvant pas de vivre, il en déduit que ses hommes devaient avoir un camp dans les environs. Il ne se résigna pas à le chercher, se contenter de récupérer la meilleure épée grise qu'il pu trouver, remplaçant l'épée courte de pierre qu'il avait laissé dans le squelette de son, feu, bateau. Essuyant le sang avec l'eau d'une de leur outre il alla récupérer son sac qui avait été épargné des éclaboussures vermeille.
Tournant le dos a ce triste spectacle, il reprit sa route plus à l’affût des sons qui l'entouraient.

Arl fixa les soldats qui l'entouraient.
Trois jours étaient passés depuis que son chemin avait croisé celui des brigands. Dépassant une colline il avait vu la citée. Il n'avait pu cacher sa stupéfaction devant une telle construction. Il aurait fallu les guerriers de dix clans et des mois de siège pour faire tomber pareille forteresse. Pompeuse reflet de l'égocentrisme des hommes, les bâtiments de pierre blanche parfois garnies de charpente de bois reflétaient la lumière du soleil sur l'immense plateau qui supportait la ville. En son centre, il s'élevait la maison de celui qui devait être le chef. Surpassant de loin toutes les autres constructions, elle s'épanouissait dans une sobriété respirant la respect et la puissance. Dans un lieu aussi grand, il y aurait probablement quelqu'un qui connaîtrait son archipel.

Il avait donc remonté la longue allée qui passée par-dessus un fleuve avant d'arriver aux portes, dont le bois aurait permis de construit une demie douzaine de navires de chez lui. C'est là que les gardes l'avaient arrêté, d'abord lui parlant sans qu'il comprenne, celui qui semblait les diriger avait observé son épée Stein. Il avait eu un rapport d'une patrouille sur un groupe de bandits pour les corps affreusement mutilés avait été retrouvé. Le lieutenant, un vieux soldat donc l'expérience n'était plus mise en doute n'eut aucun mal à deviner qu'un arme comme celle-ci, cette épée qui ne semblait pas être de métal, était la cause des blessures décrites. Son devoir avant tout, il ne pouvait laisser un tel homme entrer dans la ville sans mettre les habitants en péril. Même si c'était des bandits qu’ils avaient retrouvé, grand bien leur en fasse, il ne pouvait prendre le risque. Il devait éclaircir cette affaire et avait donc prié l'homme de le suivre. Ce que Arl ne comprit pas. Ce dernier mimant de prendre son épée, le lieutenant ordonna à ses hommes de se mettre en position. En l'espace d'un instant il fut encerclé de soldats à la rigueur militaire. D'autres le menaçaient de leur arc depuis des meurtrières. Les passants autour s'étaient arrêtés et retenaient leur souffle en regardant la scène. Fixant chaque homme tour à tour, Arl leur trouva dans le regard une lueur bestiale qui n'avait rien de celle de l'ivresse du combat. Une part animal semblait résider en ces hommes. Avec une lenteur exagéré, il écarta les bras baissant la tête en signe de soumission. Le lieutenant attendit de longue seconde avant de le mettre aux arrêts.

Deux jours. Deux jours de sa vie perdu à croupir dans se cachot. Les hommes l'avaient désarmés et privé de ses affaires avant de lui lier les mains dans le dos. Lui faisant traverser la ville en évitant les axes principaux afin de ne pas mêler le prisonnier à la population, les soldats l'avaient conduit à la caserne. Une bâtisse tout de même respectable à coté de cette immense maison d'où semblait sortir et entrer un nombre exagéré de personnes. Sans qu'on ne lui adresse la parole on l'avait enfermé, seul, dans une cellule. On le nourrissait et le traitait correctement, mais être ainsi pieds et mains liées l’exaspéré. Mais il fallait se résoudre, se battre ne l'aurait mené à rien sinon à une mort certaine. Pas encore, c'est son fils qui lui prendrait sa vie et aucun autre, quelque qu'il fut.

Plus tard, un homme était venu lui poser des questions à travers les barreaux. Comprenant que le prisonnier ne parlait pas leur langue, il n'avait obtenu que son nom, et l'aveu qu'il avait tué les bandits quelque jours plus tôt. Arl ne démentit rien voulant se montrer coopératif comme il ne lui servirait à rien de résister. La présence rassurante de son épée lui manquait et la douceur bras de sa belle Dia le laissait bien solitaire dans ce monde où nul ne le comprenait. Dans son attente il se répétait en boucle les mots nouveaux qu'il apprenait...

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MessageSujet: Re: Deux cultures. Ven 9 Nov - 8:25

Les journées s'écoulaient depuis un certain temps avec une lassitude grandissante dans les appartements de Gïlh'Or Rwênosraj, chef de Câmrân. La plupart du temps seul, il remplissait et signait de la paperasse habituelle et quotidienne. Il finissait chaque soir avec des légères crampes aux doigts de sa main droite à forte d'écrire et de parafer des documents officiels. Parfois, des nouvelles d'une importance moindre lui parvenait de la bouche d'un messager ou d'un soldat quelconque, mais rien de très primordial. Les décisions de Gïlh'Or étaient lancées rapidement par des réponses laconiques. Ce matin, après une nuit agitée, il s'installa à son bureau en baillant. Sa plume d'oie déjà dans son poing, on toqua à sa porte. Agacé mais résolu à faire bonne figure, il invita la personne de l'autre côté de la porte à entrer et à lui déverser ce qu'il avait à lui transmettre. Gïlh'Or offrit au jeune soldat un regard cerné et blasé ; c'est sous ce jugement silencieux que l'homme lui décrit la découverte plutôt singulière. On aurait découvert des cadavres dans la plaine Maorh, blessés par une lame étrangement épaisse. Les plaies n'étaient pas fines et les corps étaient plus déchiquetés qu'autre chose, mais pas par une mâchoire animale. Intrigué, Gïlh'Or avait dit au soldat de patienter le temps qu'il se rafraichisse et s'habille convenablement pour l'extérieur, et lui demanda ensuite de l'amener auprès du Lieutenant.

Arrivé auprès du Lieutenant, celui-ci lui expliqua plus en détails l'étrange découverte. Gïlh'Or, songeur, demanda à ce qu'on fasse des ronde autour de la ville pour s'assurer que ce... criminel ne fasse pas d'autres dégâts. L'homme qui avait du faire un tel massacre devait avoir une force remarquable, visible sur son apparence par une carrure large et une musculature épaisse. Il y avait de fortes chances pour que du sang recouvre encore ses vêtements. Pour le reste, selon le Lieutenant, personne n'en savait rien ; on ignorait tout de cet énergumène et même s'il y avait des survivants et donc des témoins. On ne pouvait savoir sa race, ni s'il était dangereux et à quoi il ressemblait. Le seul petit indice, infime, serait qu'il porte une arme spéciale sur lui... Si seulement il l'avait encore.

Avec comme seul ordre raisonnable dans l'immédiat de surveiller les alentours et les voies marchandes de la plaine Maorh, Gïlh'Or retourna à ses appartements privés, à sa paperasse ennuyeuse, avec ce souci en tête qui lui fit faire quelques fautes d'inattention dans ses lettres. Il ne tint pas plus d'une heure et finit par se poser à la fenêtre, le regard perdu en contrebas, vers la ville d'Idiamanth. Il se tenait souvent comme ça pour réfléchir ; voir le flux de la foule, tel des vagues irrégulières de milliers de visages, l'aidait à penser aux problèmes de son peuple. Cette découverte n'était peut-être pas dangereuse, mais elle pouvait aussi l'être. Un assassin puissant et sans merci sévissait peut-être bien dans la région et menaçait la population de Câmrân comme celle des humains de la région et quelques voyageurs ignorants. Comme il pouvait n'être qu'un homme doué en combat qui s'était défendu contre des brigands des chemins... Il l'espérait. Entre temps, il souhaitait élucider ce mystère au plus vite, pour le bien de son peuple... et de son commerce.

Deux jours passèrent ainsi, sans de grandes avancées dans les recherches. Au troisième, en matinée, un soldat essoufflé avait accouru le prévenir qu'un étranger avait pénétré la ville et que le Lieutenant avait de gros doutes sur lui. L'homme, d'allure puissante et clairement pas du coin, portait une épée immense faite de pierre. De pierre ? Le soldat lui dit aussi que le géant en question baragouinait une langue inconnue de tout Thanalyel. Même un spécialiste linguistique n'avait pas reconnu d'elfique ou de dialecte montagnard. Gïlh'Or sortit de son bureau et dévala les escaliers de son palais sobre. Il était aussi curieux qu'impatient de voir cet homme qui semblait avec de fortes probabilités d'être à l'origine du massacre d'il y a trois jours. Toutefois, pourquoi ce type serait-il venu de lui-même se rendre ? Regrettait-il son acte ? Une personne capable d'une telle atrocité pouvait-elle seulement ressentir du remord ? Ceci dit, s'il venait d'autre part que Thanalyel... C'était une chose absurde. Que pouvait-il y avoir comme autres terres ? Il n'y avait que l'océan ! Serait-ce un démon ? Un ange ? Ou une créature aquatique devenue bipède grâce à une magie d'une puissance colossale et inimaginable ? Un tas d'interrogations fusèrent dans l'esprit du chef tandis qu'il se ruait en dehors de sa bâtisse. Le soldat le guida à travers les rues jusqu'où se tenait une foule rassemblée autour d'une masse de chair et de sang. Le poil roux des renards rongeait son visage mais laissaient son crâne aussi lisse qu'une pomme. Il avait le regard aussi gris et dur que l'acier, tel que celui de Gïlh'Or dans certaines situations... Il vit le Lieutenant et un groupe de soldats, arme au poing, emmener l'étranger hors du centre-ville. L'épée de pierre se tenait dans les bras du Lieutenant, qui semblait avoir du mal à la tenir en équilibre. Quelle arme... Comment pouvait-on se battre efficacement avec une chose pareille, pesant certainement très lourd ? En retrait, Gïlh'Or suivit ce groupe. On emmena l'inconnu en ces terres à la plus sombre des geôles. En sortant des cachots, le Lieutenant croisa son chef et en fut surpris.

« Monseigneur, nous avons capturé l'étranger. Je comptais l'interroger en votre présence, mais puisque vous êtes déjà là... »

« J'ai entendu dire qu'il s'était lui-même livré. »

« Pas tout à fait, Monseigneur... Si j'ai bien compris ce qu'il a tenté de nous dire, c'est qu'il cherche à retourner chez lui. Et je pense qu'il espérait trouver de l'aide dans une grande ville. Vu comme il regarde notre architecture et nos ruelles, ce n'est rien d'autre qu'un barbare. J'ai préféré ne prendre aucun risque et l'amener directement ici en vous attendant. »

« Bonne initiative. Je vais lui poser quelques questions tout de suite. » Gïlh'Or jeta un regard bref sur l'homme derrière les barreaux. Il semblait plutôt calme, et une certaine mélancolie se lisait au fond de ses yeux. Cette attitude était anormale pour quelqu'un venant de se faire prisonnier. « Donne-moi cette épée de pierre et va. »

Un peu à contre-cœur, le Lieutenant la tendit fébrilement au chef. Ce dernier la prit et fut surpris par son poids. S'il ne fléchit pas, il n'en eut pas moins un peu de mal à la tenir convenablement. Il ne put s'imaginer enchaîner des parades en combat avec une lame pareille. Il la soupesa lentement tandis que le Lieutenant se retirait, lança une œillade en coin vers la geôle, puis alla voir l'étranger tout en laissant une distance de sécurité entre eux. Une telle carrure pouvait essayer de rompre des barreaux de cette finesse ou briser la pierre fissurée tout autour. Gïlh'Or fit la moue ; l'endroit ne tiendrait pas cette masse musculaire bien longtemps. S'il s'avérait dangereux selon lui, il faudrait le transporter ailleurs...

D'un ton calme et autoritaire, Gïlh'Or demanda le plus simplement possible :

« Qui es-tu ? »




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MessageSujet: Re: Deux cultures. Lun 19 Nov - 19:02

Fixant le sol que d'innombrables prisonniers avant lui avaient fixé et usé de leurs bottes, cette pierre grise qui lui rappelait les couleurs glaciales mais chères de ses terres. Les murs qui l'isolaient de cette fourmillante civilisation transpiraient la solitude et la détresse qu'avaient éprouvé leurs victimes avant lui. C'était oppressant ! Comme le sentiment qui l'avait étreint alors que la foule de ce pays aux paroles hors de sa compréhension harcelaient ses oreilles l'empêchant de penser. Il avait déjà subi pareils isolements de tout contact humain, ici nul ne pouvant le comprendre, ça ne différait en rien des autres fois sur ce point. Mais l'idée de ne pouvoir embrasser sa terre à jamais porteuse de son âme le transperçait sans plus de pitié de son épée n'en avait eu dans le feu de l'action. Ça, cet exile rendait la solitude bien plus dure lui donnant cet aspect insurmontable qu'a le désespoir.

Ainsi vivait-il cette incarcération. Seul est loin de chez lui. Et cet homme là venait lui poser cette inlassable question dont on lui rabâchait les oreilles. Qui était il ! Oh qu'il comprenait bien ces mots tant on les lui avait imprimé dans l'esprit. Oui mais là, son interlocuteur était différent. Il l'avait observé dès qu'il était entré dans son champ de vision. C'était incontestable, cet homme était un chef. Ce colosse dont les vêtements montraient un personnage humble, mais qui malgré leurs faibles apparats, laissaient l'aura d'un chef rayonnait sans y semer quelconque ombre. Grand, à peine moins qu'Arl, son épaisse tignasse aussi bien ordonnée que possible brune comme la barbe qui donnait un air bestial à son visage. Accentuant cet effet, une large cicatrice en travers de son visage témoignait du guerrier qu'il était. Mais ces détails n'étaient que peu de choses pour Arl. La véritable fenêtre de son âme était ses yeux, les yeux d'un Sverd ! Oui cet homme aurait fait un bon Sverd, Arl n'en doutait pas. Impénétrable et dur comme l'acier gris de ces contrés, le regard d'un homme d'action qui avait déjà pris de nombreuse décisions cruciales tout comme des vies.

Lorsqu'il ordonna de sa voix dure et sans appel à son sous fifre de lui confier Stein, son épée. Arl eut un bref sourire. Il l'a tînt droite, en lui rendant l'honneur dont elle avait été privée entre les mains du goujat qui l'avait arrêté aux portes. Mais elle ne vibrait pas entre ces mains et elles manquaient à celles du Sved. Le grand brun congédia l'homme et fini par s'intéresser à son prisonnier. Observant brièvement la cellule une ombre désapprobatrice dans le regard, il concentra son attention sur lui captant le sien. Un brève instant avant qu'il ne répète les mots tant de fois entendu. Arl ne broncha pas sur l'instant observant lui-même le brun. Les mots tout aussi banals que ceux que on lui avait répété ne l'intéressaient guère, le ton lui y était. Il était sans appel et Arl se demanda comment pouvait réagir cet homme s'il ignorait sa question. Une simple curiosité, car il n'avait nulle envie d'opposer une quelconque résistance sans autre but que de satisfaire son égocentrisme. Il souhaitait rentrait chez lui, cette pensée passant sans cesse dans son esprit et pour y parvenir il devait commencer en sortant d'ici.

Se redressant de toute sa hauteur, ignorance les contestations de ses muscles trop longtemps restaient inactif, assis, il s'approcha de l'homme. Il n'offrit qu'une brève attention aux gardes qui portaient leur main à leur arme. Arl sourit de la méfiance que pouvait inspirer sa personne même en cage, c'était une victoire acquise sur un champ de bataille bien qu'ici il ne s'agissait que de cachots. S'arrêtant à une coudée des barreaux, leurs regards, similaires en bien des points, ne se lâchèrent plus. Arl posa une main sur sa poitrine au-dessus de son coeur.

"Je suis le Sverd de mon peuple, le Sverd du clan Brannstein détenteur de l'épée Stein destinée à verser le premier sang dans la bataille ! Je suis un des fils de la longue lignée des Nonja dont le sang a coulé pour protéger les leurs et qui font fait couler autant de sang que la mer n'a d'eau pour punir les ennemis !"

Le barbare n'ajouta pas un mot, observant l'homme qui lui faisait face. Ce dernier l'avait laissé parler dans une langue lui étant totalement inconnue, lui permettant de s'offrir un léger répit dans son exile. Arl brisa le lien de leur regard, se laissant voguer sur son arme derrière ces barreaux. Il soupira et reporta son attention sur celui qui tenait son bien. Ce dernier attendait patiemment une réponse à sa portée. Arl serra le point resté sur sa poitrine et indiqua sa personne du pouce.

"Arl Nonja !"

Il cessa de se désigner du pouce et pointa un index sur le colosse brun dans une intention claire d'en obtenir autant de cet homme.

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MessageSujet: Re: Deux cultures. Lun 26 Nov - 13:24

Gïlh'Or eut un léger mouvement de recul malgré lui lorsque le géant se leva brusquement. Son ouïe fine d'animal le fit entendre le froissement de ses muscles puissants ; le pauvre homme était habitué à une activité physique et ne se plaisait pas à l'inertie. Comme Gïlh'Or comprenait cela... Lui-même, à la veille crépusculaire de ses quarante ans, se sentait parfois rouillé à signer sa paperasse. Il désirait si souvent un bon exercice, à l'épée, un combat amical, ou une chasse de plusieurs jours, un simple arc sur le dos... Ses devoirs de chef l'ennuyaient parfois, mais il ne pouvait s'y soustraire sans avoir mauvaise conscience. Il sourit, calmement, et écouta l'étranger. Il ne comprit rien tout d'abord, mais les deux derniers mots sonnèrent avec plus de compréhension puisque l'homme se désigna vivement d'un doigt en les clamant. Arl Nonja. Était-ce donc son nom ? Il était bref, sa sonorité n'était vraiment pas de Thanalyel, ni elfe, ni humain. Peut-être aurait-il pu être un membre du clan ennemi, Seosaph, mais dans ce cas, il aurait tenté de s'envoler lors de sa capture. Donc non. Puis, un langage pareil, ça ne s'invente pas, même pour une infiltration. Car, oui, Gïlh'Or avait commencé à avoir le doute sur le fait que cet homme soit un espion. Hutan Esfandyar ne manquait pas d'idées pour lui mettre des bâtons dans les roues et tenter de faire tomber Idiamanth et son commerce florissant...

Toujours avec cette même voix lourde et ferme, le dénommé Arl Nonja montra ensuite le Chef de Câmrân du doigt, son regard et son ton devenu interrogateur. S'étant rapproché prudemment de la geôle, l'homme-ours répondit :

« Gïlh'Or Rwênoskraj. »

Il ne sut quoi rajouter, se demandant les limites de la compréhension de l'homme lorsqu'il parlait. Il avait compris les termes "Qui es-tu", mais pour le reste ? Il décida tout de même de faire une tentative tâtonnante, en choisissant des mots simples.

« Que fais-tu ici ? Pourquoi as-tu tué ces hommes ? »

Le temps passait, et l'idée que cet étranger, Arl, ne soit pas dangereux, grandissait dans ses pensées... Il l'espérait. Quel guerrier. Il le verrait bien dans son armée... Il rabattrait le claquet de ces foutus volatiles !




[Désolée, c'est court, mais je manque d'imagination quand ce n'est qu'une simple discussion ^^ j'espère avoir une bonne raison pour te faire sortir de cette prison bientôt et aller vers un scénario plus actif ! Sinon, superbe ta signature !]

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MessageSujet: Re: Deux cultures. Jeu 29 Nov - 8:07

Arl patienta. L'homme auquel il avait décliné son nom semblait réfléchir à toute vitesse à ce que cet étranger représentait. Il devait être un homme de pouvoir et c'était le premier qu'Arl rencontré en ces terres. Les pêcheurs, villageois et bandits qui avaient croisé sa route jusqu'ici ne réfléchissaient que rarement au-delà du lendemain. Cet, homme aux relents de bête, lui devait probablement prendre de nombreuses décisions engageant des vies et c'était ce qui se passait en ce moment même dans sa tête.

Arl patienta, alors qu'il voyait poindre une lumière dans le regard gris de l'homme. Tel un rayon de Soleil perçant la lourde couche nuageuse qui voile un ciel. Il fit un pas vers le Sverd. La prudence qui émanait de son corps, de ses muscles trop épais pour être contenu dans un simple fauteuil de fonctionnaire, intimèrent à Arl lui-même la prudence. Surtout qu'il n'était pas en très bonne position. Une voix lourde pour un nom aux enluminures à rallonge, lui mettant le doute sur sa capacité à pouvoir le prononcer convenablement. Il se contenta de ne graver que le début dans sa mémoire.

Le barbare se contenta d'un hochement de tête alors que Ghil'Or semblait le jauger, hésitant. Tout comme Arl, il ne parlait pas la langue de son interlocuteur. Et les quelques notions qu'il avait assimilées, n'étaient que brèves et incomplètes. Insuffisante pour participer à une discussion allant au-delà des politesses. La phrase qui suivi, il ne saisit le sens que du début, l'autre partie restant un mystère interrogatif. Mais repensant à ce qu'il estimait être la raison de sa captivité, l'étrange phrase aux mots plutôt doux comparés à sa langue, prie un sens. Il ne put retenir un sourire triste. Les bandits qu'il avait laissés derrière lui, la chair pourrissant au Soleil et au bon vouloir des charognards, semblait l'avoir finalement détroussé de sa liberté. Il ne s'était pas enquis des lois de ces terres.

Il eut un profond soupir alors qu'il reculait brièvement des barreaux le séparant de son geôlier. Comment lui expliquer. Ici les choses devaient être si différentes, l'atmosphère clémente et les longues étendues de prairies, que le froid mordant ne rendait pas dur comme les pierres, en plus du vent arrachant les moindres pousses. La culture devait être florissante tel que le montrait l'importante population de cette seule citée et malgré les quelques démunis, la notion de survie devait leur être étrangère. Il ne s'en considérait pas moins comme une victime dans cette histoire.

Réfléchissant un instant, il brandit finalement ses deux mains face à face au niveau de son torse. L'une large et grande avec tous les doigts collés et dressés, elle couvrait d'ombre l'autre ou seul un index faisait face à son opposante soeur. Les autres doigts repliés. Il les regarda un moment, puis il les fit ce percuter tentant d'évoquer un conflit. La main aux doigts dressés s'abattit sur l'autre la recouvrant et englobant ce doigt faible et seul. Arl releva les yeux vers Gilh'Or répertoriant les quelques mots qu'il connaissait.

"... Le faible pas... vivre avec fort... Prendre vie faible pour moi vivre !"

Arl sonda l'homme du regard cherchant un signe de compréhension. Les faibles ne devaient pas tenter de s'en prendre aux forts. Chez lui les faibles ne survivaient pas, car ils auraient été un fardeau pour leur communauté. Un homme devait pouvoir défendre ses biens comme il devait pouvoir aller les prendre, de force, si cela s'avérait nécessaire. Arl s'était toujours bien acquitté de cette tâche chez lui et ne comptait pas se laissait voler voir tuer pour la survie de faibles. Son attitude, sa posture changea légèrement, plus offensive, lançant à quiconque le défi de le prendre pour un faible.

(HRP= Huk huk, t'inquiètes, le rp dialogue sa permet pas de longue descriptions c'est normal t'en excuse pas)

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MessageSujet: Re: Deux cultures. Sam 1 Déc - 13:21

Gïlh'Or écouta les brèves explications de l'étranger. Il ne semblait pas idiot puisqu'il arrivait à se faire bien comprendre, malgré ses lacunes flagrantes dans leur langue. S'il ignorait pouvoir tuer comme son bon vouloir, c'est qu'il n'était pas sur Thanialyel depuis longtemps, mais pourtant, il semblait connaître une large palette de vocabulaire. Suffisante, en tout cas, pour exprimer ce qu'il désirait dire. Avec un sourire légèrement hautain, il regarda le mouvement des mains, dont l'une avait été violemment privée de plusieurs doigts, et compris le signe de la confrontation physique. Il recula d'un bon pas, interpella les gardiens qui s'empressèrent d'accourir vers la geôle et d'attendre un quelconque ordre, chose que Gïlh'Or ne tarda pas à donner.


« Ouvrez-moi cette porte. »

« Monseigneur ? N'est-ce pas dangereux ? »

« Sans arme, il ne risque pas de me faire grand-chose, alors que moi j'ai la mienne. »

« Permettez-moi de vous mettre en garde, cet étranger... »

« Gardien, discuterais-tu de mes ordres ?! »

Ces mots clouèrent le bec au gardien qui baissa la tête. Sans quitter sa lance aiguisée, il fit un bref signe de la tête à l'autre gardien, dont les grosses clefs de fer grossier pendaient au ceinturon. La main tremblotante, jetant des coups d’œil inquiet au dénommé Arl Nonja, il passa l'une des clefs dans la serrure et tourna, ce qui fit un affreux bruit de frottement entre deux métaux. Aussitôt, la porte s'entrouvrit, et les deux gardiens s'écartèrent, leurs mains tenant fermement leurs lances respectives, la mine renfermée et menaçante. Gïlh'Or, s'il laissa tout de même sa main non loin de son épée Sleisen, paraissait bien plus calme. Il poussa la grille de façon à laisser le champ libre à Arl.

« Suis-moi. Nous allons essayer de voir d'où tu viens. Je suis curieux. »

Un sourire se voulant rassurant s'était figé sur ses lèvres. Une lueur vive brillait au fond de ses yeux ; la curiosité le bouffait littéralement. Jamais personne n'avait émis l'hypothèse d'un quatrième peuple. Cet homme était la preuve que leurs terres en cachaient d'autres. Y avait-il une autre ville que la cité souterraine des elfes noirs sous leurs pieds ? Ou une ville dans les montagnes d'Hoölost que peu de gens osaient parcourir, à tel point que des hommes parlant une langue inconnue y vivaient ?



[direction mon salon o/ je pense pouvoir faire plus long, là je me fais un effet minable de poster si court]

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MessageSujet: Re: Deux cultures. Mer 19 Déc - 8:56

Arl ne se départit pas de son sourire alors qu'un brève échange de paroles explosait entre l'homme, le chef et ses sous-fifres. Ils discutaient les ordres, allait même jusqu'à lui donner des conseils. Gilh'Or semblait s'en soucier peu, mais le fait restait le même, il n'avait pas une autorité indiscutable sur ceux qui lui confiaient sa vie.

Arl n'aurait pas admi pareille chose en ses terres. Là-bas aussi des hommes et des femmes lui confiaient leur vie et celle de leurs enfants. Arl y était préparé depuis sa tendre enfance et il savait ce qu'il avait à faire pour agir pour le bien de leur clan. Le contredire revenait à un manque de confiance ce qui mettait donc en doute ses capacités, celles qu'on lui avait inculquées aux dépends d'une vie normale. Nuls regrets sur une telle vie ne l'habitaient et jamais ils ne viendraient le hanter. Les mille et mille vies qu'il avait pris en étant fier de couper les mains qui menaçaient son peuple sans jamais faillir. Non, les regrets et à culpabilités ne le hanteraient jamais, au contraire de la peur qui l'étreignait depuis plusieurs mois déjà. Une peur noire qui le rongeait sans qu'il ne puisse rien contre elle. La peur pour son peuple. Sur ce bateau vers les miasmes des enfers où il avait déliré, une partie des meilleurs guerriers de son clan avaient péris. Des hommes que l'expérience des batailles avait forgé et qui aujourd'hui n'était plus que des cendres sur une terre inconnue. Des hommes nécessaires tout autant que lui à la protection de son peuple. Qu'allait-il advenir d'eux sans leurs fidèles défenseurs.

La mâchoire d'Arl saillit sur ses joues alors qu'il contemplait ce chef aux paroles remisent en doute par de vulgaires pantins. Ses pensées bouillirent de colère alors qu'il subissait son impuissance face à ses peurs. Des semaines déjà qui étaient passées ainsi, victime inexorable du sort, une victime qui en engendrait bien d'autres...

Le grincement de la porte l'éveillèrent de sa torpeur alors que Gilh'Or semblait avoir repris le contrôle de ses hommes. Ce dernier affiché une expression de défis sereine et réponse à l'attitude d'Arl. Le Sverd haussa un sourcil. Une sombre menace confirmait par la proximité de sa main avec son épée à sa ceinture. Arl fit un premier pas vers l'invitation. Il s'arrêta alors que des lances passaient à travers les barreaux de sa cage pour le menacer de leurs pointes luisant telle une promesse de mort. Le nordique réajusta son ceinturon et y glissa ses pouces alors qu'il avait de nouveau hors de cette prison. Le colosse l'arrêta de quelques mots, réemployant le terme de "forts" avec une légère malice méprisante destinés à le défier.

En d'autres occasions, Arl aurait été trop heureux de répondre à cette provocation, sautant sur l'homme avec ses seules mains pour armes. Ces dernières ayant prouvé plus d'une fois qu'elles n'avaient rien à envier au tranchant de la pierre quand la bestialité envahissait son esprit et son âme. Un sourire le ravi quand il songea au sang qui les avait teintés, la chair s'incrustant sous ses ongles et aux os qui avaient craqué sous ses poings. Souvenirs d'un temps passé.

L'homme lui tourna le dos et déjà, partait lui laissant l'oisiveté de partir à son bon souhait. Arl franchit donc la porte de la cellule sans perdre une seconde de plus dans cette moisissure. Les lances le menaçant toujours, Arl les observa un instant avant de descendre le long de la hampe d'une, passant son regard sur les mains aux jointures blanchies sous la pression. Il remonta son regard sur l'homme et le planta dans ses yeux. Sans ouvrir la bouche, il désigna du doigt son fourreau vide et là où ses bourses, d'or et des pièces récupérées sur les bandits, manquaient. Son immobilité étant claire, un homme détala derrière une porte alors que le son de ses bottes sur la pierre résonnèrent un instant. Arl patienta son regard voletant d'un homme à un autre jusqu'à que le martèlement de la course d'un homme brisa le silence ponctué des respirations lentes des hommes.

Le souffle court et les bras chargés des affaires du prisonniers, Arl les lui pris dans les bras alors qu'il s'approchait. La bourse d'or, plus légère qu'auparavant, lui tira un grognement lourd de menace. Il glissa son arc sur son épaule, l'épée d'acier prise à un bandit dans son fourreau, les bourses à leur place respective, il se sentit un peu mieux alors que son sac pendait désormais à son épaule, moins nu et désarmé dans cet élément inconnu. Mais une partie de son être lui manquait alors qu'il posait son regard sur Gilh'Or qui patientait près d'une porte. Plus précisément, il fixait son épée abandonnées ente ces mains trop épaisses pour tenir une plume. Ce dernier lui tourna le dos passant la porte s'enfonçant dans un escalier de pierre. Les gardes intimèrent Arl de le suivre de leur lance, ce qui s'avérait que peu utile, le Sverd bien décidait à récupérer Stein sans qu'on le lui intime...

(plop, désolé du temps de réponse, je te suis, moi je le connais pas ton château (je me suis pas encore relu))


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MessageSujet: Re: Deux cultures. Mer 2 Jan - 9:30

Gïlh'Or ignora totalement la crainte de ses hommes. Il était quasiment certain d'avoir affaire à un homme intelligent, malgré qu'ils ne se comprennent que difficilement ; la lumière dans le regard du dénommé Arl Nonja n'était pas plus primitive que lui. C'était une chose compliquée à expliquer car c'était un sentiment, une sensation tenant plus de l'instinct que du concret. S'il lui tourna le dos, voulant prouver une certaine confiance, il prit une décision par prudence. Il attacha les poignets de l'étranger de deux bracelets réunis par une épaisse chaîne. Gïlh'Or leva les yeux sur l'inconnu et n'y lut aucun ressenti négatif, aucune révolte. Malgré tout, il ne lâcha pas la poignée de Sleisen du bout de ses doigts, tendus, prêts à tout. Ses sous-fifres, sans même recevoir d'ordres, se séparèrent ; l'un d'eux suivit le colosse par derrière, assurant la protection de son chef, les phalanges blanchies à force de tenir sa lance avec une vigueur qui trahissait son angoisse. La hargne, dissimulant ses tremblements, déformait ses traits qui devaient être joviaux d'accoutumée.

Ils montèrent tous les trois dans le hall du château. Là, quelques nobles s'égayaient à discuter autour du sujet de la journée, c'est-à-dire Arl Nonja. Mais lorsqu'ils le virent en chair et en os, une exclamation de stupeur s'échappa de toutes les gorges décorés de bijoux ou de beaux apparats. Si les personnes dites nobles à Câmrân étaient rares, elles étaient toutes présentes. Femmes et hommes de haute stature fixèrent leurs regards stupéfaits sur le colosse, poussant des « oh » et des « aaaah » dans toutes les sonorités possibles. Gïlh'Or n'y tint aucun intérêt et, plutôt pressé, se mit à grimper les larges escaliers. Au premier étage, il poussa la porte lui-même du salon d'accueil, le majordome étant trop estomaqué pour l'ouvrir comme d'habitude. Gïlh'Or ne s'en soucia guère, se fichant éperdument de devoir faire cela soi-même... La vie de luxe n'était pas ce qu'il aimait le plus, s'il avait des serviteurs, c'était souvent des gens étant dans des difficultés financières ou sans domicile, mais ils finissaient souvent par repartir une fois leur vie améliorée. C'était plus une chance pour eux de se remettre sur la voie sociale qu'autre chose...

Une fois à l'intérieur de la salle, le garde ne quitta pas l'étranger de la pointe de sa lance dirigée entre ses omoplates. Gïlh'Or leur montra une table, leur indiquant où se placer. Tandis que le garde emmenait Arl jusqu'au meuble, le chef de Câmrân alla fouiller dans des armoires. Retirant un tiroir de sa case, il y prit un rouleau de parchemin d'une grande taille. Il revint vers la table, déplia le rouleau et plaça aux quatre coins de ce qui était une carte des objets pour la retenir aplatie. Le mot Thanialyel s'étalait en grand dans le haut du dessin détaillé où villes, forêts et rivières étaient tracés. Là, du doigt, il tapota sur la carte à un endroit bien précis, vers l'Ouest mais assez bien au centre, et dit :

« Nous sommes ici. Ici. Tu comprends ? »

Il jeta une œillade au colosse pour voir sa réaction, s'il lui répondait. Il insista, voulant bien être compris, se montra lui, le garde, écarta la bras comme pour montrer l'espace autour de lui et répéta le mot « ici », ainsi que des termes familiers tels que « maison », « clan de Câmrân » et « famille ». Ensuite, il pointa l'index sur Arl et demanda :

« Et toi ? Où est TA maison, TON clan, TA famille ? »

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MessageSujet: Re: Deux cultures. Lun 7 Jan - 8:52

(hrp ; je m'excuse d'avance des fautes, je n'ais pas la motivation pour me relire maintenant, je le ferai)

Quelque chose avait changé alors que leur regard s'était croisé une dernière fois. Le dénommé Gilh'Or avait laissé paraître une profonde compréhension, de la compassion envers son prisonnier. Il ne lui permit d'en voir plus, l'ignorant un instant il ordonna à ses hommes d'agir. C'est sous la pointe des lances qu'Arl regarda un gringalet lui passer de lourdes chaines d'un certains poids, aux poignets. Pourquoi le sortir de sa cellule pour à nouveau en faire un vulgaire prisonnier ? Voulait ainsi l'exposer tel un moins que rien ? Ainsi était les us et coutumes de ce pays ? Arl serra les dents alors qu'il relevait les yeux sur son geôlier, un pauvre bougre de soldat qui se senti frémir sous le poids pesant de la simple menace, dans ces yeux, qui firent s'affaisser ses épaules. Arl regarda ce dernier sortir de son champ de vision alors qu'il évitait son regard, puis il revint a ses chaines. Lourdes et froides, ce mordant glaçant lui rappelait le froid incessant de sa patrie qui éliminait les faibles à sa place. Ces souvenirs lui mettaient un peu de baume sur le coeur alors qu'entre ses omoplates la pointe d'une lance l'intimer d'avancer à la suite du chef qui s'était engouffré dans un étroit escalier de colimaçon que les bottes avaient creusé avec des milliers de massages.

Sans aucune idée d'où on le menait, Arl se laissa aller à la contemplation. Dans ses îles, l'architecture des Dix Clans n'avaient jamais été une priorité à développer. Les tremblements de terres renvoyant leurs édifices trop grands à terre, le froid mordant qui donnait au bois une rareté justifiable et les pierres qui roulaient dans les profondeurs qu'il fallait aller chercher. Leurs maisons n'étaient que de simples masures à quatre mures faites avec les rares pierres. De par la rareté du combustible, les villages étaient bâtis entre les bassins fumants dans les sources d'eaux chaudes, ces dernières maintenue tièdes par l'activité incessante des volcans. Par d'habile conduit, l'eau était détournée ver les maisons, chauffant ces dernières par un sol de planches quand cela était possible, sinon par un bassin d'eau au centre de la pièce. C'était là une ingénieuse façon de palier à la rudesse du pays, mais jamais l'architecture ne s'était vue développée autant que dans le château où se trouvait Arl.

Alors que dans un coin de sa mémoire était enregistré le chemin qu'ils prenaient, tenant compte de la disposition des lieux, il observait avec une certaine admiration l'édifice de pierre. Les murs parfaitement jointés et qui montaient plus haut que les arbres, percés de fenêtres plus grandes que le barbare dont les rebords étaient finement ouvragés d'innombrables sculptures, et qui donnaient sur de somptueux jardins.
Mais alors leur convois, dons les bottes claquées sur le dallage de marbre, passaient une porte des plus sombre dans son bois sombre, ils débouchèrent dans une vaste salle où une foule était massait. Arl les regarda le visage fermé alors qu'ils passaient entre ses gens aux atouts bariolés qui agressaient les yeux du Sverd. Ici, hommes et femme ne faisaient que paraître dans des robes et des tuniques fines qui dévoilé de façon impudique le corps des femmes et qui gonflaient les bras maigre des petits seigneurs et bourgeois, gras pour la plus part. Arl ne s'y méprit point, s'était là le gratin de ce pays. Peut-être que d'une infime partie de ses contrés, mais ces gens pouvaient diriger ici alors qu'ils n'auraient survécu au bain à leur naissance. Arl ne put retenir le mépris qu'ils lui inspiraient alors que son regard devenait noir.

Alors qu'il s'attendait à être exposé à cette bande de tristes sires, Gilh'Or continua son chemin ignorant royalement les courbettes et les œillades qui lui étaient adressés. Arl apprécia ce comportement noble, à moins que ce ne fut du dédains, ce qui était tout aussi honorable selon le Sverd. La pique qui se faisant oppressante dans son dos continua de le poussé jusqu'à une petite porte dans un coin de la sale. Sans se soucier de ceux qui lui parlaient, son guide ouvrit celle-ci d'un grand geste et commença à gravir un nouvel escalier. Arl ne savait combien d'étages ils avaient grimpé depuis le cachot et ne doutait pas de nager dans les nuages si jamais il sortait au dehors désormais.

Mais là n'était pas le but de leur longue monté tandis qu'ils débouchaient dans une petite pièce où un homme semblait chercher que faire de son corps alors que son chef ne lui prêtait guère d'attention. Non, ce dernier se tourna vers le garde de nouveau et désigna une chaise à côté d'une large table. Assis et patientant, Arl observa l'homme dérouler d'une peau, où une chose qui y ressemblait sur la table. Plus fine, et pourtant semblant plus rigide elle semblait vouloir s'enrouler sur elle-même, se cacher, ce qui obligea Gilh'Or à lui mettre des chaines à elle aussi. Mais Arl l'ignora alors qu'il posait sa main sur l'étrange matière. Il sentait des aspérités fines sous ses mains calleuses et ne savait comment décrire ce qui était du papier. Étendant son regard à toute la feuille, il reconnut les tracés que son peuples faisaient pour détourer leur terre, c'était une carte. Arl la regarda alors sous un autre jour.

L'homme gesticula, parla sans se faire comprendre, pour lui indiquer lui, les lieux, l'ensemble et l'endroit où ils se trouvaient, puis il posa son doigt sur un endroit de la carte. Se penchant sur cette dernière, Arl vu un gros point noir surmonté d'étrange caractères qui devaient être leur écriture. Arl ne parvint à les déchiffrer. Observant la carte, il se remémora sa route depuis qu'il était ici. Il devina les plaines vallonnées, suivant une ligne qui devait être la route où il avait croisé les bandits. Puis remontant encore il parvint à une forêt dont les dessins de longs arbres ressemblaient à celle où il avait croisé les elfes. Puis enfin il tomba sur un autre petit point tracé sur une large plage, cette plage même où il avait échoué. Il évalua la distance qu'il avait parcourue alors de ce village de pêcheurs jusqu'à là cité où il était maintenant. Même pas un doigt. Une ridicule distance qu'ils lui avaient pourtant fallu des jours à traverser. Ces contrés étaient immense, incommensurable et au-delà même de ce qu'il avait imaginé. Un monde entier qui ne se souciait guère des quelques ridicules îles où il vivait...

Arl était dans ses pensées alors qu'il observait la carte avec détail quand l'homme l’interrompit dans son étude. Il le désigna lui, parlant et ne laissant que quelques mots familiers au barbare qui ne parvenu à les remettre en ordre. Pourtant en le désignant, Gilh'Or fit comprendre le sens de sa phrase à Arl. Et lui, où était-il sur cette carte ? Ce dernier observa l'homme un moment, que risquait il à lui dire qu'il n'était pas de ces contrés, le danger n'était pas là. Le dangers était que un tel territoire devait habiter une immensité de guerriers, soldats, mercenaire. Une armée colossal qui pouvait peut être venir à bout des hommes des îles. Arl savait que les hommes, ici, seraient décimés par le climat de chez lui et que la connaissance du terrain était contre eux. Mais combien pouvaient-ils être ? Le nombre, on avait beau dire, était un avantage considérable quand on se battait à un contre cent. Le Sverd soupira. S'il rentrait chez lui, il amènerait ces hommes aux ridicules habits et leur femmes fragiles, et avec eux peut être des hordes de soldats...

Oui mais il avait dérivé des mois durant et ignorant le sens des courants, il ne savait vers où était son île alors qu'il avait pu tourner en rond dans l'infini des flots de l'océan. Et même si les hommes ici avaient les connaissances requises pour retrouver ses îles, il sourit à l'idée de devoir se battre contre cent adversaires ! Si les clans se réunissaient, ils pouvaient former une formidable horde meurtrière ! Un tel combat serait gravé sur les flancs de toutes les montagnes ! Arl leva les yeux Gilh'Or, se rendant compte que sur ses épaules reposait le poids de ses contrés. Il pouvait très bien affirmer ne pas être de ses contrés sans désigner ses îles et rien ne prouvait que les hommes ici s'en prendraient aux siens. Il en apprendrait plus avant de rentrer chez lui il le savait et l'envie de rentré était poignante.

Toujours sous la menace des lances, il se leva bien droit et dominant l'assistance, il posa son regard sur la carte intimant de sa personne qu'on l'imite, il posa le bout du doigt avec détermination en dehors de la carte, loin à l'ouest du continent...

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MessageSujet: Re: Deux cultures. Mer 16 Jan - 11:55

Gïlh'Or suivit avec impatience le doigt de l'étranger, mais lorsqu'il le posa, ce ne fut pas sur le carte. Le chef de Câmrân leva lentement les yeux vers cet Arl Nonja, les sourcils froncés. « Tu te fiches de moi ? » Sa voix prenait une sonorité rocailleuse, et Arl aurait pu sentir l'un des gardes derrière lui se ratatiner sur lui-même. Si le dernier descendant des Rwênoskraj gardait la fierté et le dévouement de ses ancêtres envers son peuple, il en avait hérité aussi des terribles colères. La voix vibrant d'une frustration contenue, Gïlh'Or répéta, en vain, oubliant un instant que celui en face de lui ne devait strictement pas comprendre ces termes : « Tu te fiches vraiment de moi ? » Avec une violence inouïe, il frappa de sa paume la table, envoyant les objets retenant la carte dans les airs et les faisant chuter de la table. Le parchemin s'enroula sur lui-même, comme pour se cacher du courroux de son possesseur. Les terres de Thanialyel disparurent tandis que la rage de Gïlh'Or explosait.

« Il n'y a rien au-delà de la mer ! Tout le monde sait ça, qu'il n'y a rien d'autre que la dérive, puis la mort par la soif et la faim, et que les mouettes finissent par nous dévorer ! Tu ne vas pas me faire croire que tu viens de l'océan, tu n'as rien d'un métamorphe aquatique, tu es fait de roc et d'acier ! »

« Chef... Et s'il disait vrai ? Il aurait réussi là où les autres ont échoué... » émit faiblement l'un des soldats.

Gïlh'Or l'aurait bien assassiner sur place. Il était fatigué et certainement trop âgé pour entendre des sottises aujourd'hui. Peut-être que plus jeune, il aurait cru également une chose pareille. Ses rêves étaient sans limites et surtout sans frontières. Cependant, ce n'était pas à la veille de la quarantaine qu'on essayait de faire avaler à un homme des élucubrations de cette absurdité. « Il suffit ! » La voix de Gïlh'Or cloua définitivement le bec du jeunot qui n'osa plus contester les dires de son supérieur. D'un geste large du bras, et vif comme s'il transperçait un adversaire d'un poignard, il envoya paître ses hommes de main. « Emmenez ce foutu gars dans sa geôle ! Il faut que je réfléchisse à tout cela. Allez, et laissez-moi en paix ce jour ! »

Les lances s'agitèrent, pointant le dos d'Arl pour le faire sortir. Gïlh'Or ne manqua pas de croiser le regard aussi semblable que le sien. Fer contre glace, les hommes imposants se défièrent, ou plutôt, c'est ce que Gïlh'Or ressentit. Il était prisonnier, et il oserait se moquer éperdument de lui ? Le rouge monta à nouveau aux joues du chef des métamorphes de la terre, qui, une fois seul, s'affala sur un fauteuil. Il se plaignit du dossier trop droit, mais y resta tout de même. Poussant un soupir, il frotta ses grandes cernes noirs sous ses yeux. Ses colères se faisaient de plus en plus fréquentes et la moindre peccadille le rendait fou de rage. Las, épuisé physiquement, il s'assoupit dans ce siège si peu confortable...


Au crépuscule, il s'éveilla en un sursaut. Il s'étonna de se voir dans son salon et non dans sa chambre. Prêt à aller rouspéter envers ses majordomes, il se souvint à temps d'avoir ordonné la paix la plus totale. A peine reposé, il alla se rafraîchir dans l'une des salles d'eau puis sortit du salon. Il monta au dernier étage et finit par s'installer volontairement là où la vue donnait sur l'océan. Au loin, le soleil se couchait, colorant le ciel et l'étendue marin de ses couleurs joyeuses. Tel un feu géant englouti par les eaux ténébreuses. Une sorte de vision de mort qui provoqua un frisson chez Gïlh'Or, ce qui l'énerva à nouveau. Si son ancêtre n'était jamais revenu de la mer, aussi puissant était-il, quel homme était Arl Nonja pour se prétendre capable d'une telle chose ? En même temps, on ne pouvait inventer une langue rien que pour tenter d'envoyer un chef à la mort. De plus, ce n'était pas un stratagème très ingénieux ; il était évident que, si mission était ordonnée, Gïlh'Or ne ferait pas la même erreur que son aïeul et resterait auprès de son peuple. A la place, il enverrait son Général ou son fils. Oui, il prendrait le risque de perdre l'un de ces hommes. Car s'il y avait nouvelles terres à découvrir, ils se devaient d'être présents. Gïlh'Or n'avait confiance qu'en eux pour lui ramener d'amples détails, si exploration il y avait. La perte de l'un d'eux lui déchirerait le cœur... Toutefois, quelque chose lui disait de tenter sa chance. Devait-il agir seul ? Il pensa aux autres peuples de Thanyaliel. Bien sûr, il avertirait les humains. Avec leurs aéronefs, le voyage pourrait s'avérer plus sûr. Ces énormes engins volants pouvaient contenir beaucoup d'hommes, dont peu travaillerait, car n'ayant pas besoin de rames. Ils seraient plus en forme si un conflit venait à éclater là-bas. A bord, on pourrait mettre de petits bateaux de sauvetage.

Devait-il avertir les elfes ? Ces créatures filiformes qu'il ne portait pas dans son coeur pouvaient s'avérer utile. S'ils n'avaient pas la technologie des aéronefs, les plus doués en magie et les plus sages pouvaient être présents et aider efficacement. Son ancêtre vivait à une époque où les peuples n'étaient pas soudés, mais bien départagés et divisés par les anciennes guerres. Il avait voyagé dans un bateau fragile, avec seulement ceux de son clan prêts à le suivre. Dans ce cas-ci, l'espoir d'avoir la compagnie d'autres représentants des races et des deux autres clans métamorphes était un argument de taille pour entamer un tel voyage. De plus, cette fois, Arl Nonja pouvait les guider... Et il était la preuve vivante que quelque chose existait ailleurs. Gïlh'Or maudit leurs langages différents, car il aurait bien voulu en savoir plus sur ce pays lointain. Sur ses pensées, il alla se coucher, quoiqu'il eut du mal à retrouver un sommeil apaisant.


Le lendemain, il demanda à ce qu'on ramène l'étranger auprès de lui. Calmé et décidé, Gïlh'Or pointa son index vers Arl et dit :

« Je te crois. Tu montreras la voie. Je veux découvrir d'où tu viens, élucider ce mystère. »

Il se doutait bien qu'Arl ne comprenait pas tout à fait, mais il lut dans les yeux glacés le désir de savoir et peut-être même la compréhension globale de ses paroles.

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